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Les alentours
Porto-Vecchio
Au sud-est, “Portivechju“, joyau de l’Extrême Sud, entre mer turquoise et montagnes abruptes. Perchée sur son promontoire rocheux, la vieille ville veille sur le golfe, là où la mer tyrrhénienne clapote en douceur. Les anciens l’appelaient Portus Syracusanus — un nom aux sonorités grecques qui rappelle les origines lointaines de ce port à l’histoire bien vivante.
Grimpez jusqu’à la terrasse du Bastion de France, vestige de la citadelle génoise : là-haut, le panorama parle de lui-même. La ville s’offre à vous, et chaque coin de rue, chaque détail, semble raconter une histoire.
Le vieux port s’étire en contrebas. Autrefois industriel, aujourd’hui paisible, il garde les traces d’un passé intense. Et en longeant la côte, ce sont les plages mythiques du Sud qui vous attendent : sable blanc, eaux cristallines, roches sculptées, maquis parfumé, pins parasols, sports nautiques ou simple farniente… où tout se conjugue au paradis.
Et si vous pensiez que Porto-Vecchio, c’était « seulement » la mer… retournez-vous. Là, juste derrière, U Spidali s’élève, paisible village montagnard, sur les hauteurs de la commune. Son sommet ? La Punta di a Vacca Morta, 1 314 mètres d’altitude et des panoramas à couper le souffle. Randos, barrage, forêts, nature brute… l’appel de l’Alta Rocca n’est jamais loin.
Bonifacio
Impossible de rester indifférent à Bonifacio, perchée à l’extrême-sud de la Corse, comme un mirage de pierre veillé par les flots turquoise. Entourée d’eau et sculptée par le vent, la ville s’avance sur son promontoire calcaire, face à la Sardaigne, comme une sentinelle intemporelle.
La citadelle, bâtie au sommet de falaises vertigineuses, domine les Bouches de Bonifacio. Ici, la mer trace une frontière entre deux mondes, mais la ville, elle, semble hors du temps.
Son histoire remonte au Néolithique, et chaque recoin porte les traces des évènements qui ont suivi. Architecture médiévale, églises, fortifications, ruelles étroites… Bonifacio est un livre de pierre, ouvert sur des siècles d’aventures maritimes, de conquêtes et de spiritualité.
Mais Bonifacio, ce n’est pas qu’un décor de carte postale. C’est une ambiance. Un souffle. Une vie locale authentique, entre artisanat, gastronomie, et port animé. En flânant dans ses ruelles, en contemplant ses criques cachées, ou en prenant le large depuis la marina, vous vivez une Corse intense, lumineuse, inoubliable.
Sartène
Nichée au cœur du sud de l’Île, Sartène est un véritable concentré de l’âme insulaire. Certains disent “la plus Corse des villes Corse”. La mer s’étale au loin, et depuis ses hauteurs, la ville offre un panorama majestueux sur le golfe du Valinco, avec en toile de fond les montagnes qui encadrent l’horizon. Ici, tout est empreint de caractère, des ruelles pavées aux places animées, où la vie quotidienne s’imbrique harmonieusement avec les traditions séculaires.
Au cœur de Sartène, laissez-vous séduire par la beauté de l’église Santa Maria Assunta, l’ancien palais des gouverneurs génois, aujourd’hui la mairie, et l’échauguette, dernier vestige d’un rempart médiéval. Flânez sur la place de la Libération, ou “place Porta”, véritable point de ralliement des habitants, et ressentez la chaleur de cette ville.
Sartène, c’est aussi un lieu où les traditions vivantes prennent toute leur place. L’événement phare, le Catenacciu, vous plonge dans la ferveur religieuse du chemin de Croix du Christ, aux côtés de pèlerins venus des quatre coins du monde. Dès l’arrivée du printemps, la ville s’éveille : chants et chœurs dans les églises, marchés animés et nuits de fête qui illuminent la ville jusque tard dans l’été.
Le lion de Roccapina
Au sud-ouest de l’île, entre Senetosa et Bonifacio, le Lion de Roccapina surveille la baie du même nom, tel une sentinelle imposante, dominant la tour génoise voisine. Sculpté par le vent, les embruns et les pluies qui ont façonné le granit rose, ce chef-d’œuvre naturel est l’un des nombreux monuments vivants que l’on trouve le long du littoral corse. Chaque élément du paysage semble s’unir pour créer un tableau naturel à couper le souffle.
La légende raconte qu’au temps des Sarrasins, un seigneur au courage légendaire vivait dans la région. Les barbaresques l’avaient surnommé le Lion de Roccapina. Un jour, alors qu’il chassait, il rencontra une jeune femme, belle et énigmatique, dont il tomba éperdument amoureux. Mais il ne pouvait l’épouser. Désespéré, il invoqua la mort et, dans sa douleur, fut pétrifié sous l’apparence du lion, où il garde la baie à jamais, tel un protecteur silencieux.
Un lieu mythique, au tournant d’une route somptueuse, où nature et légende se mêlent.
Campomoro
La Tour de Campomoro se dresse fièrement sur la côte ouest, imposante et majestueuse, comme un vestige vivant du passé. Édifiée au XVIe siècle par les Génois, c’est la plus grande des tours génoises de Corse, culminant à 15 mètres de hauteur. Ce qui la rend unique, c’est sa fortification en étoile, un design défensif rare et impressionnant qui témoigne de son rôle stratégique face aux menaces de l’époque.
Récemment restaurée en 1986, la tour appartient désormais au Conservatoire du Littoral, et fait partie des incontournables de la région.
Au premier étage, une exposition permanente vous plonge dans l’histoire fascinante des tours génoises et vous raconte les attaques des Barbaresques qui ont marqué l’histoire de l’île.
Avant d’arriver au pied de la tour, découvrez le sublime plage de sable blanc du même nom, idéale pour les familles.
Partez à la découverte du sentier des douaniers, et ne manquez pas l’insolite hébergement du Phare de Senetosa, parfait pour un moment de tranquillité et de déconnexion.
Ghisonaccia
Autrefois simple étape sur les chemins de transhumance des bergers de Ghisoni, Ghisonaccia s’est métamorphosée au fil des décennies. Avec l’essor de l’agriculture dans les années 60, la plaine fertile s’est éveillée, et la petite bourgade est devenue une ville à part entière, dynamique et prospère, qui compte aujourd’hui plus de 4 000 habitants.
Ainsi, au cœur de la plaine orientale, la nature généreuse rencontre le quotidien paisible. La commune s’étend avec discrétion, et offre à ses habitants comme à ses visiteurs tous les services d’une ville moderne, sans rien renier de son ancrage rural.
Ghisonaccia, c’est aussi une porte d’entrée vers des paysages contrastés : lagunes sauvages du domaine de Pinia, étangs peuplés d’oiseaux migrateurs, longues plages de sable blond, et, un peu plus haut, les villages accrochés à la montagne. À quelques kilomètres, les forêts d’eucalyptus rencontrent les vignes, les vergers, les oliveraies, dans une mosaïque de senteurs et de couleurs.
Et lorsque viennent les beaux jours, la commune s’anime au rythme des marchés locaux, des fêtes villageoises et des soirées d’été où la musique résonne sous les étoiles. Les traditions y vivent sans ostentation, dans les gestes simples du quotidien, dans l’accueil franc des habitants, dans les saveurs d’une cuisine généreuse.
L'étang de Palu
À l’est, entre Ventiseri et Serra-di-Fiumorbu, l’étang de Palu s’étire paisiblement, écrin sauvage entre mer et maquis. Moins connu que ses voisins du Sud, ce site classé Natura 2000 dévoile, au fil d’un sentier accessible, toute la richesse d’un écosystème préservé.
Depuis le parking situé à l’entrée sud de Vix, un chemin mène à la lagune. À pied ou à vélo, la promenade — entre 45 minutes et 1h30 — longe les roselières et offre un moment suspendu. On y croise flamants roses, hérons cendrés, grèbes élégants… Un festival d’ailes et de silence.
Prenez le temps. Jumelles en main, laissez-vous porter. Et peut-être croiserez-vous Julien Cugurnon, pêcheur emblématique du site, gardien des traditions et artisan d’un trésor rare : la poutargue, ce « caviar de la Méditerranée » tiré des mulets dès la fin de l’été.
Le dimanche, on y vient pour souffler, en famille ou entre amis. Faire le plein de nature avant de retourner en ville. Ici, tout se conjugue au calme. Et quand le soleil décline, l’étang s’embrase.